![]() Marie Claude Carles lors de l'exposition d'une partie de sa collection à Ayen en 2009 |
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(1) Dès ma plus tendre enfance, j’ai manifesté un vif intérêt pour la Musique : Je me délectais à écouter la radio, et à 3 ans je chantais volontiers les chansons que j’entendais fredonner à mon père (en estropiant quelque peu les paroles). J’avais déjà « beaucoup d’oreille, » et je prenais un vif plaisir à jouer sur un petit piano en bois ,que m’avait apporté le Père Noël, toutes les chansons d’enfants de l’époque (Au clair de la lune, Sur le pont d’Avignon, Frère Jacques, Savez-vous planter les choux…) L’une de mes maîtresses de maternelle m’a beaucoup encouragé dans ce sens, car ayant détecté mon besoin de chanter, elle me faisait parfois monter sur une table pour chanter devant la classe, en m’appelant « son petit rossignol ». A l’école primaire, j’ai découvert avec passion la magie du chant polyphonique, grâce à l’une des maîtresses qui regroupait les élèves de toutes les classes pour apprendre des morceaux à 3 et même 4 voix égales, que l’on interprétait ensuite le jour de la distribution des prix (Je me souviens entre autre de « La Nuit » de Rameau). Lorsque toutes les voix étaient bien « calées » et s’exprimaient ensemble, c’était pour moi un moment magique. J’aimais aussi écouter de la musique « en live » : à deux pas de chez moi, ma cousine Berthe, qui tenait un hôtel restaurant avec salle de spectacle, m’invitait parfois dans sa loge pour assister aux concerts des « célébrités de l’époque » : c’était pour moi de délicieux moments. A l’obtention de mon brevet, ma famille m’ayant récompensée par de petites pièces, celles-ci m’ont servi à m’offrir une guitare : et lorsque le colis de Manufrance arriva, ce fut l’un des plus beaux jours de ma vie ! Dès lors, je montais m’entraîner au grenier, pour ne pas « casser la tête » de maman (je jouais à l’oreille). J’avais beaucoup le sens du rythme, et j’accompagnais des chansons en retrouvant les accords. J’ai connu alors cet « amour simple, immédiat et véritablement charnel :celui de l’Homme pour l’instrument de musique » (sic) Mes parents, de condition modeste, ne pouvaient pas se permettre de me faire prendre des cours d’instrument comme certaines de mes camarades, à mon grand regret. Ma grand’mère ayant détecté en moi ce qui était déjà une passion, m’offrit des cours de guitare auprès d’un musicien aveugle qui habitait non loin de chez nous. Mais au bout de quelques mois mon rêve s’est évanoui quand maman a déclaré : « Tu n’as pas le temps de t’amuser à ça ! il faut passer ton bac ! »
(2)
Mon entrée en seconde au lycée puis à l’Ecole Normale d’Institutrices de Limoges (Promotion 1958-62) m’a ouvert une large fenêtre sur le monde :
et a développé très vite en moi le désir de connaître les civilisations et cultures des autres continents :
Fervente abonnée de la revue : « Sciences et voyages » et du Courrier de l’Unesco, je puisais dans ces revues de quoi nourrir ma curiosité,
et me rapprocher des cultures du monde, en acceptant la tâche de « déléguée Unesco »pendant la durée de mes études,
et en entretenant une correspondance assidue avec une amie anglaise, une amie cambodgienne, une amie japonaise, une amie haïtienne.
Quelques épisodes de ma vie ont grandement contribué à ma formation musicale : Grâce à mon professeur de Musique de l’E.N. : Anne Marie Racine, envers qui je garde une grande reconnaissance, j’ai pris un immense plaisir à apprendre de grandes œuvres telle la 9ème symphonie de Beethoven (dans la chorale qu’elle avait formée au sein de toutes les classes de l’E.N.) et surtout à les interpréter en public avec l’orchestre de Radio–Limoges. De plus, ayant détecté mon vif intérêt pour toute la chose musicale, elle me faisait parfois diriger la chorale, ce qui me procurait un moment d’intense émotion. Pendant toute la durée de mes études à Limoges, j’ai pu suivre assidûment les concerts J.M.F. : J’ai été de plus en plus séduite par la découverte de ces musiques vivantes de grande qualité et de grande diversité . Et je rends ici un vibrant hommage aux JEUNESSES MUSICALES de FRANCE qui depuis leur naissance (en 1941) se sont donnés pour mission de démocratiser la Musique, en offrant au plus grand nombre l’accès à la musique vivante. (Je me suis fait un devoir de soutenir cette action en prenant la charge de déléguée au sein de l’E.N. pour la durée de mes études) J’éprouvais le besoin, suite à ces concerts, de me procurer des disques, et d’écouter inlassablement un tas de musiques insolites au risque de « casser les oreilles » de maman, « Je pense par exemple à « Ketiak », fameuse « Danse des singes » tout droit venue de Bali, qui avait le don de l’exaspérer Ces musiques résonnaient en moi comme un voyage prolongeant la découverte faite au concert. Et c’est ainsi que je me suis peu à peu attachée à tous ces pays du monde, sans jamais les avoir visités. La deuxième grande révélation qui nourrit ma passion depuis quinze ans est : LE FESTIVAL C.I.O.F.F. de Montignac DANSES et MUSIQUES DU MONDE. Créé par l’Amicale Laïque du Montignacois, il véhicule toutes les valeurs qui me sont les plus chères : Rapprochement des peuples en respectant les différences, dans un but de partage, de tolérance, d’amitié, de fraternité, avec un espoir de Paix C’est cet esprit du festival qui me fait dire chaque année : « Je vais au festival de Montignac prendre un bain d’amitié ». Je pense sincèrement que cela ajoute encore au bonheur vécu par les yeux et les oreilles…
(3) La rencontre de toutes ces cultures a été pour moi l’occasion de découvrir des instruments très variés et de timbres souvent insolites : Quel dépaysement ! Que d’émotions ! Un autre volet de cette découverte a été la construction d’instruments : grâce à des stages effectués durant ma carrière auprès du professeur de Musique de l’E.N. de Tulle exerçant à cette époque-là, passionné comme moi, ayant écrit un ouvrage détaillé qui me sert encore très souvent de référence, j’ai appris à fabriquer des instruments avec des matériaux de récupération, des éléments trouvés dans la nature, et surtout …très peu d’argent ! Devant l’ampleur de mon « entreprise » l’on a consenti à m’attribuer au sein de l'école, une salle vide, qui s’est vite transformée en « Salle de Musique » avec une dizaine de métallophones, autant de xylophones, ainsi que des tambours de diverses dimensions réalisés avec des bidons recouverts de peau de mouton ,des sanzas en polystyrène expansé avec des morceaux de corde à piano attachées au moyen de dominos électriques, des maracas en noix de coco, etc… et chaque réalisation réveillait pour les enfants et pour moi-même une émotion nouvelle au moment où l’on l’entendait sonner. Pensez donc ! Ces sons-là n’étaient pas « venus d’ailleurs » mais ils étaient bel et bien « venus de nous ». Quelle aventure ! A partir de tous ces instruments commençait chaque année notre recherche musicale, en vue de la création du conte. Des enfants abordant et pratiquant la musique à partir de leurs traditions culturelles diverses, et non du solfège formel que l’on impose encore si souvent en Europe, voilà de quoi m’encourager dans cette action.
(4) Une autre époque de ma vie qui a particulièrement nourri ma passion fut ma vie professionnelle : J’ai eu la chance d’enseigner pendant 17 ans dans une Z.E.P. avec 46,9% d’enfants venus de pays très divers, et une grosse proportion des autres issus de milieux défavorisés : autrement dit des enfants n’adhérant pas volontiers à un enseignement « scolaire » classique. Et c’est là que je dois rendre un deuxième vibrant hommage aux J.M.F. pour tout ce qu’ils apportent aux enfants : A travers leur concept humaniste de progrès, au carrefour de la Culture et de l’Education, ils portent des valeurs républicaines d’égalité d’accès à la culture par la Musique, sans esprit d’élitisme ; ils sont partie prenante du bagage intellectuel : Par la découverte de la diversité des cultures, (dans le temps et dans l’espace) ils montrent aux jeunes la voie de la tolérance et du respect, en contribuant à leur épanouissement. Grâce à la formation d'une équipe pédagogique particulièremant dynamique et efficace, les enseignants du groupe se répartissaient les matières suivant leurs goûts et leurs compétences. C'est ainsi que j'ai pu oeuvrer en musique dans tout le cycle III (6 classes) pendant que les arts plastiques étaient confiés à une véritable artiste en la matière : Lucette Jugie, qui oeuvrait en complicité avec moi, pour les contes musicaux en particulier. Chaque année, en s'appuyant sur un concert J.M.F. qui les a particulièrement intéressés, nous décidions ensemble de monter un conte musical.
Et là chaque fois, commençait une grande aventure, pour eux et pour moi-même, dans une parfaite complicité.
Pour ma part, en dehors des heures scolaires, commençait alors un incessant travail de recherches tous azimuts pour nourrir le sujet abordé,
ainsi que la reconstruction de toute mon année de préparation pédagogique dans toutes les matières enseignées, en les axant sur le sujet choisi.
Quelques exemples de contes musicaux ayant abouti à des spectacles en fin d'année (sachant que chacun d'eux véhiculait un message important pour l'épanouissement des enfants.) 1988/89 Au delà des couleurs (présenté en particulier au théâtre de verdure de Brive, pour le bicentenaire de la révolution française).
1989/90 La ruse du château de Couzage (conte médiéval) suite au concert J.M.F. :Robin et Marion. Après la création du texte et des musiques, moyennant une étude approfondie de la période médiévale, classe d'initiation artistique à la base de voile de Lissac sur Couze pendant 1 semaine, pour régler la mise en scène avec un intervenant: Dominique Desmons ainsi que la confection des décors avec Lucette Jugie, artiste peintre et enseignante dans l'équipe pédagogique. Visite guidée du château. 1990/91 Fanfare humoristique. après la visite de l'exposition sur les percussions à l'école de musique de Brive. Défilé dans les rues sur la musique de "La petite voleuse", avec des jeux de rythmes. (Tous les instruments avaient été fabriqués à l'école) 1991/92 La forêt désenchantée. Thème : la pollution de la forêt, sous ses différentes formes. Evocation sur la musique "Les Quatre Saisons" d'Antonio Vivaldi ( Pollution par les usines, déforestation, pesticides, incendies...) après une réflexion approfondie sur toutes les formes de pollution de la planète. ( Visite de la déchetterie de Tujac, Echange de courriers avec le Commandant Jean Yves Cousteau, signature de la pétition etc...) Conclusion sur la sauvegarde de la planète pour les générations futures (reprise du refrain "générations futures": Les enfants ont des droits, Ne les oublions pas, Pour sauver la Nature, Générations futures" 1993/94 Un rêve de guitare : Une petite guitare fait le voeu de retrouver toute sa famille éparpillée dans le monde (les instruments à cordes pincées) Nos investigations nous conduisent vers les mandolines, les cithares, La Kora, la balalaïka, le banjo, le 'ud, le saz, le charango, ... que je me suis mise en devoir d'acheter (évidemment avec mes deniers personnels) S'en suivront au cours du conte des messages pleins de sagesse délivrés par les enfants lorsqu'ils présentent au public l'instrument de leur pays. 1994/95 L'orchidée magique conte musical africain Deux enfants réussissent grâce à leur courage à apporter le Bonheur à leur village, en allant cueillir l'Orchidée Magique, au mépris de tous les dangers. (L'accent est mis sur le courage, la solidarité, la protection des animaux...)
(5) Chaque conte musical en cours d’élaboration était prétexte à de multiples recherches dans les livres, les cassettes vidéo, par des échanges de correspondance (J.Y. Cousteau) faisant intervenir ainsi plusieurs disciplines, par des visites de sites et lieux divers (déchetterie, château de Couzage…) afin d’apporter « de l’eau à notre moulin. »
(6)
A l’origine, une première exposition, intitulée « Musiques et chansons » (9 au 12 mars 1966) me fut demandée par la présidente des
« Amis de la bibliothèque de Saint Pantaléon de Larche », en Corrèze, Jeanine Mathou, qui connaissait ma passion et ma collection,
étant comme moi enseignante retraitée.
(7) Montaigne disait : « Si la vie n’est qu’un passage, sur ce passage au moins semons des fleurs »
« Haut en couleurs et d'une extraordinaire richesse, le monde instrumental est un puzzle à la mesure de ce que
l'humanité et l'histoire des civilisations ont de multiple.
Beaucoup plus qu'un simple témoignage,il est un reflet des modes de vie, des coutumes et des croyances des peuples.
Cf. Editions Fuzeau (sic) Dans cette perspective, il est temps de désacraliser la pratique musicale (sans tomber
pour autant dans la facilité).
Miguel Angel Estrella en est le vivant témoignage grâce à l’association Musique Espérance
qu’il a créée en Argentine, et à travers laquelle il a voulu « mettre la Musique au cœur du monde. »
« Il s'agit d'une association que j'ai appelé « Musique Espérance ». Mon souhait, ainsi que celui de nombreux amis et collègues, est de donner à la musique un rôle permanent et à part entière dans la lutte pour les Droits de l'Homme. Je souhaiterais que l'idée de Musique Espérance soit capable de dynamiser tous les espoirs de ceux qui, par ce moyen de communication à travers le monde, expriment leur résistance à l'oppression et à l'exploitation et s'efforcent de construire un monde meilleur. Ainsi il s'agit bien, à travers ce type d'initiative, d'aider à créer de nouveaux espaces de créativité où puissent se développer une volonté de casser les barrières créées par la domination et tous les abus de pouvoir. De nos jours, les chances de réussite pour un musicien tournent bien trop autour de la compétition, des concours, d'une grande carrière, de l'argent, de la publicité. Cela a contribué à séparer les gens. Le résultat : un monde fermé, imprégné d'intolérance et manquant de générosité. Pourquoi ne pas unir la rigueur musicale à une simplicité fraternelle qui nous éloigne de la banalité et du superflu pour aller à l'essentiel ? Il nous revient de pouvoir rompre la logique absurde des étiquettes, des relations publiques, des conditionnements, des injustices, du vedettariat, de la séparation entre musiciens populaires et musiciens classiques... Il nous faut opposer à tout cela une organisation des musiciens eux-mêmes, c'est à dire de nous mêmes, pour gérer une vie musicale en fonction des réalités de chaque pays ou de chaque région. Transformer les relations publiques en relations humaines, l'amertume de la frustration en possibilités justes pour tous ceux qui pratiquent la musique avec talent. A la compétition il faut opposer la générosité et l'esprit d'équipe. A l'académisme, la créativité vitale. Au paternalisme, la dignité d'un dialogue sans complexe. Au vedettariat, la simplicité d'artistes conscients de leur limites... d'artistes qui sentent que personne ne peut les obliger à vendre une image de « superman ». A l'esthétisme, une musique profonde, destinée à toute l'humanité. En somme, il s'agit d'opposer la liberté à tous les conditionnements qui nous font vivre prisonniers des schémas commerciaux. Naturellement nous ne pourrons réussir qu'unis et par un travail de longue haleine... La culture, comme toute action humaine transcendante, est pour moi vitale. Par conséquent elle ne peut être vécue pleinement qu'en relation avec la société et l'histoire de l'humanité. Une grande partie de cette humanité est victime de l'exploitation, du colonialisme, de l'oppression, du racisme. Une des manières de se défendre qu'a l'homme opprimé est d'affirmer son identité culturelle à travers sa musique, ses légendes, ses contes, sa façon de lire l'évangile. Je suis amoureux, vous le savez, des musiques simples de mon pays : elles possèdent en elles, outre leur qualité esthétique, une vieille sagesse, de l'humour, de l'espoir, de la douleur, du courage, de la poésie... » Miguel Angel Estrella (Musique pour l'espérance) :
La Musique est au coeur de la Nature et nous réconcilie avec elle. « Les premières flûtes d'os évidés datent de plus de 60 000 ans...
Cf. Editions Fuzeau (sic) « L'esprit de la musique, dont Eugen Drewermann découvre toutes les harmoniques à travers le chant de Milomaki, est un esprit de légèreté et de liberté. La musique nous réconcilie avec la nature et la culture, car elle tient des deux. Plus encore, ce qu'enseigne le conte, c'est que toute la vie, jusque dans la mort, doit - et peut - devenir symphonie, mélodie. La musique ne supprime pas le tragique de l'existence, elle le transfigure - comme Nietzsche l'a entrevu il y a un siècle dans "La naissance de la tragédie" - en force de vie et de résurrection. Partant de deux négations qui se conditionnent réciproquement, les indiens Yahuna parviennent à fonder le monde de leur culture comme la réponse de l'ordre naturel et à relier réciproquement la culture et la nature. L'unité de la culture et de la nature est en vérité ce qui justifie le personnage de Milomaki. Celui-ci a détaché les hommes de la nature en leur apportant la mort et la connaissance de celle-ci. Il les a réunis à la nature en leur apparaissant sous la forme du palmier Paschiuba et en leur enseignant à transformer le bois mort en flûtes, pour que la culture fasse entendre les résonances de la nature. Par conséquent, Milomaki, personnification de "l'esprit de la musique", est le lieu véritable où, par les sons de ses chants, l'homme est séparé de la nature et en même temps, par les sons de la flûte, réconcilié avec elle. » Cf. Milomaki ou l'esprit de la musique (Eugen Drewermann)
Dans un opuscule écrit en arabe intitulé "la musique", Kalil Gibran évoque magnifiquement cet art indisociable de la spiritualité, en des termes empreints de souffle poétique, dont voici quelques extraits : « La musique est le language des âmes, et les mélodies sont des brises suaves
qui font vibrer les cordes du coeur.
Elle est ces subtils doigts qui frappent à la porte des sens et réveillent la mémoire
qui exhume alors des évènements forts de son passé que les nuits avaient ensevelis.
La musique est la langue de toutes les nations de la terre. Celles-ci glorifièrent leurs divinités par des hymnes de louanges, ainsi naquirent les chants religieux qui - jusqu'à nos jours - sont une obligation, comme les prières offertes dans les temples et les bûchers voués à la force adorée. Ces bûchers sacrés ont comme principe les émotions de l'âme. Ces prières sont purifiées par le coeur et les frissons des sentiments. La musique marche devant les soldats en route vers la guerre pour raviver la détermination de leur élan et les renforcer dans leur combat. La musique est la compagne du berger dans sa solitude. Lorsqu'il s'assied sur un rocher parmi son troupeau pour souffler dans son pipeau des mélodies connues de ses brebis, celles-ci paissent en paix. Pour le berger, le pipeau est comme un ami cher qui habite à jamais son coeur, mais encore un aimable compagnon de breuvage. Le pipeau transforme le terrible silence des vallées en jardins habités, terrasse leur solitude par ses émouvantes mélodies et emplit l'air d'affabilité et de charme. La musique tient compagnie à nos âmes et traverse avec nous les étapes de la vie. Elle partage nos joies et nos peines, pour le meilleur et pour le pire. Elle se comporte comme un témoin, durant nos jours heureux, et comme un proche compatissant, durant nos jours de malheur. La musique est pareille à la poésie et à la peinture, elle représente les différents états de l'homme, dessine les contours des penchants du coeur, éclaircit les ombres des inclinations de l'âme, donne forme à ce qui erre dans l'esprit et décrit les plus beaux désirs du corps. »
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C’est avec une vive émotion que nous nous trouvons dans ce magnifique bâti du XIVe siècle, qui voit passer depuis 30 ans tous les peuples de la terre, rassemblés dans une ambiance de profonde amitié, au cours des festivals Danses et Musiques du Monde. Les instruments venus des cinq continents apparaissent ici tout particulièrement comme les témoins du langage universel qu'est la musique.
Claude Debussy avait capté leur message, où la générosité prend le pas sur le profit, quand il écrivait : « Il y a eu, il y a même encore, malgré les désordres qu'apporte la civilisation, de charmants petits peuples qui apprirent la musique aussi simplement qu'on apprend à respirer.
En regardant ces instruments avec les yeux du coeur, l'on peut se prendre à rêver :
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| Propos de Marie Claude Carles après l'exposition de Montignac : |
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Lorsque COMMERCE et CULTURE se tendent la main… Vous souvenez-vous ? Durant tout le mois d’avril, en avant première du XXXème festival, le Prieuré de Montignac était entièrement envahi par une multitude d’INSTRUMENTS DE MUSIQUE DU MONDE ENTIER : Cet évènement culturel avait suscité beaucoup d’émotion parmi les quelque 2000 visiteurs de tous âges et de pays divers, et l’on évoquait à ce propos les 29 festivals passés, où tant de peuples du monde avaient foulé le sol devant la porte du prieuré, dans une folle ambiance de fête, avec au cœur le même désir de Paix et de Fraternité. Bien résolus à poursuivre leur mission de messagers de Paix et d’Amitié entre les peuples, ces mêmes instruments n’ont pu se résoudre à quitter si vite Montignac… « Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? » Eh bien oui ! Ils ont voulu vivre à leur façon le XXXème FESTIVAL, et pour cela se sont malicieusement faufilés ça et là, qui dans les vitrines, qui dans les étagères d’une vingtaine de magasins de Montignac, pour participer à la fête….Ouvrez l’œil et vous les apercevrez! Et si vous les regardez attentivement avec les « yeux du cœur » ils vous feront part de toutes les valeurs portées par le message : « DES HOMMES PAREILS » Un très grand MERCI à tous les Commerçants qui les ont accueillis, témoignant ainsi leur attachement à la CULTURE.
Que la fête soit belle ! |
| Musique du coeur par Marie Claude Carles |
![]() Musique du coeur par Marie Claude Carles (février 2008) 1/2   |
![]() Musique du coeur par Marie Claude Carles (février 2008) 2/2   |